Wine Calling : cultiver la liberté | Ode aux vins naturels

Vins
16 janvier 2019

Vous avez certainement entendu parler du film événement sur les vins naturels : Wine Calling. Ce film de Bruno Sauvard défend avec vigueur les vignerons ayant décidé de miser sur une viticulture naturelle, en nous faisant découvrir le quotidien des vignerons du Roussillon.

A l’occasion de sa projection à Brest, nous avons pu rencontrer Gaëtan Segalen (organisateur et caviste chez Soif de Vins), Jacques Février (vigneron chez Le Raisin à Plume), Mathieu Coste (vigneron dans les coteaux du Giennois) et Vincent Wallard (importateur de vins naturels chiliens et argentins). Ils nous ont partagé leur vision des vins naturels.

 

Wine Calling : le film sur les vins naturels

Alors que les vins industriels occupent la quasi-totalité du marché, certains vignerons font de la résistance. Ils défendent un vin naturel, sans intrants ni transformations chimiques. Wine Calling met en lumière les vignerons du Roussillon qui prônent une viticulture naturelle. Leurs objectifs ? Cultiver la liberté. Procurer de l’émotion. Faire ressentir, à travers un verre de vin, tout ce qui se cache derrière la production : le terroir, les paysages, les mains du vigneron, son histoire.

“L’important, c’est l’humain”. Le vin naturel offre un véritable partage entre les consommateurs et les producteurs. L’entraide est également très forte entre les vignerons naturels, comme le souligne le film : partage de matériel, de conseils, de joies.

Jacques Février, le vigneron des coteaux d’Ancenis, est catégorique : la viticulture naturelle est la seule façon dont il envisage de faire du vin, pour que ses vins soient véritablement représentatifs du millésime. On peut se demander quelle est la différence, au niveau du goût, entre un vin naturel et un vin industriel. “C’est la même qui existe entre un beurre fermier et un beurre pasteurisé”, juge t-il. C’est une autre énergie.

La projection de Wine Calling n’a laissé personne indifférent. Pour Gaëtan Segalen, le film retranscrit parfaitement la façon de travailler, si particulière et marquée par l’entraide, des vignerons du Roussillon. Mathieu Coste, le vigneron de Bourgogne, nous fait part de son émotion : au travers de ces vignerons qui racontent leur quotidien sans filtres, il a reconnu ses problématiques, sa façon de vivre, son engagement. La production de vin naturel, ce n’est pas qu’un métier, c’est un art de vivre.

En savoir plus : définitions du vin naturel, bio, biodynamique et raisonné.

 

Les vins naturels, des vins de fainéants ?

On entend souvent que les vins naturels seraient des “vins de fainéants”, car ils ne sont pas traités chimiquement par les vignerons. Est-ce pour autant qu’ils ne s’en occupent pas ?

Au contraire.

Wine Calling met en avant le point de vue des vignerons à ce sujet, qui sont unanimes. La viticulture naturelle nécessite une attention constante, pour s’assurer de la qualité des raisins et du vin à venir. Gaëtan Segalen précise les dires des vignerons : la vigne demande énormément de soins pour éviter qu’elle ne tombe malade et les raisins doivent être sains pour produire du vin de qualité. Les vignerons sont tenus d’être très réactifs à la cave pour éviter les déviances aromatiques. De plus, la viticulture naturelle nécessite des vendanges manuelles, une charge supplémentaire de travail. Jacques Février ajoute que le travail au chai est sans filets, certaines erreurs peuvent ainsi être fatales. La viticulture naturelle est faite d’expérimentations et d’évolutions : tout l’inverse d’une production de fainéants.

 

Vins naturels et réchauffement climatique

L’opinion sur ce sujet est universelle : le réchauffement climatique a un fort impact sur le vin, encore plus lorsqu’il n’est pas traité. Depuis quelques années, la chaleur oblige à avancer les dates des vendanges pour éviter que les raisins ne soient trop sucrés. Cela empêche le fruit d’atteindre sa maturité optimale, mais évite que le vin ne soit trop fort en alcool. L’hiver n’épargne pas non plus les vignes, avec les gelées depuis deux ans.

Vincent Wallard nous informe que la viticulture en Amérique latine ne se porte pas mieux : l’Argentine est un pays semi-désertique, les vignes doivent donc être sans cesse irriguées. Depuis quatre ans, les dates de vendanges connaissent des variations importantes et la sécheresse est très prononcée. En 2017, plus de 600 000 hectares ont brûlé au Chili.

L’Espagne n’est pas non plus épargnée : Julien Ben Hamou Lopez, vigneron dans la province de Burgos, n’a pas pu vendanger en 2017 à cause de plusieurs gelées et d’une sécheresse extrême.

D’où l’intérêt, selon ces vignerons, de revenir à une agriculture paysanne, une production naturelle, pour contrer cette éternelle course au rendement.

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